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Entretien avec Metin Cig, Concepteur Effets Spéciaux et Chef de groupes Concepteurs Spectacles Le tout nouveau spectacle de Studio Theater au Parc Walt Disney Studios est une expérience immersive inédite qui plonge les spectateurs comme jamais dans certains des univers les plus iconiques de Pixar. Pour créer les effets spéciaux de ce voyage multisensoriel, Metin a mis tout son talent et le savoir-faire qu’il a développé au cours de ses nombreuses années à Disneyland Paris. Comment as-tu rejoint Disneyland Paris ? Durant mes études, j’ai travaillé dans un théâtre parisien comme contrôleur-ouvreur et j’ai eu l’occasion de passer en coulisses en tant que machiniste. C’est dans ce cadre que j’ai rencontré un intermittent qui m’a dit que Disneyland Paris recherchait des collaborateurs dans cette branche. J’ai tenté ma chance et j’ai été embauché. Je suis arrivé en juin 1995 et depuis, je ne suis jamais reparti !   Rien ne te destinait pourtant à cette carrière… C’est vrai, et j’en suis toujours le premier étonné ! À la base, j’ai un BTS de frigoriste mais j’ai complètement abandonné cette filière. Il faut dire que le milieu du spectacle est grisant. Quand on y rentre et qu’on est heureux chaque jour d’y travailler, on se dit qu’on est à sa place. J’avais 21 ans à l’époque et j’ai rejoint une équipe de jeunes comme moi. On n’avait pas l’impression de travailler, on s’amusait et on prenait du plaisir à faire réagir les gens du public. On avait le sentiment d’appartenir à une équipe. Il y avait beaucoup de gens qui, comme moi, ne venaient pas du monde du spectacle. Certains venaient du BTP ou de l’artisanat et aujourd’hui, ils ne quitteraient la machinerie pour rien au monde ! Ils aiment ce métier, ils aiment le faire et Disneyland Paris est le lieu idéal pour vivre cette passion.   À partir de là, comment as-tu évolué au sein de l’entreprise ? En tant que machiniste, j’ai participé à plusieurs spectacles comme « En Scène, S’il Vous Plaît ! » (1995) à Fantasy Festival Stage, puis je suis passé Chef de Plateau sur « Pocahontas, le Spectacle ». J’ai eu la chance de prendre part à des productions iconiques comme « Animagique », pour l’ouverture du Parc Walt Disney Studios et, au bout de quelques années, on m’a proposé de quitter les opérations pour devenir Responsable Technique Support Machinerie et Effets Spéciaux. C’est comme cela que je me suis familiarisé avec les effets spéciaux. J’ai fait mes premiers pas dans ce domaine pour le spectacle de Videopolis « La Légende du Roi Lion ». J’ai d’abord assisté le technicien effets spéciaux, puis j’ai pris sa suite. Tout s’est alors enchaîné, avec notamment « Place à la fête… avec Mickey et ses amis » (2009), ses scènes satellites rayonnant sur Central Plaza et ses nombreux effets. Aujourd’hui, je suis au département technique spectacles et je m’occupe également de tous les designers spectacles depuis 2018. Quelles sont les productions qui t’ont le plus marqué ? Il y a d’abord « Pocahontas, le Spectacle ». C’était incroyable : il y avait des cascadeurs, une rivière en feu et un bateau qui venait sur scène. Et surtout, nous, les machinistes, nous jouions dedans ! Nous faisions partie du spectacle. Toutes les mises en place d’accessoires se faisaient en live. Nous sortions de l’ombre. L’ambiance était vraiment extraordinaire et cela reste l’un de mes plus beaux souvenirs. Je pense aussi à « Disney Classiques : La Musique et la Magie » (1997) à Videopolis. C’était un régal pour les amateurs d’effets spéciaux comme moi : on y voyait Ariel nager au-dessus de la scène, Mary Poppins voler, ainsi qu’Aladdin et Jasmine sur leur Tapis Volant. Il y avait également un superbe tableau sur Le Bossu de Notre-Dame. Beaucoup d’effets comme les changements de décors étaient réalisés en direct, manuellement, au rythme de la musique.   Il y a aussi Disney Dreams!, qui a fait son grand retour le 12 avril dernier. C’était la grande nouveauté de 2012 et c’est resté un spectacle emblématique de notre destination. Tout était à inventer. Les effets pyro comme les jets de flammes ont fait l’objet de nombreuses discussions et de nuits entières de programmation. Je suis très fier d’avoir participé à son lancement et je suis encore plus fier d’avoir réécrit le design pyrotechnique du spectacle pour sa réouverture. À l’époque, j’avais assisté le concepteur américain de cet effet pour qui j’ai énormément d’admiration et aujourd’hui, je suis tellement heureux d’avoir pris le relais et d’avoir apporté ma touche personnelle. Dès que j’en ai l’occasion, je vais le revoir et je choisis une place exactement au milieu du public pour voir les réactions des gens. Cela me remplit toujours de joie !   Et te voilà maintenant sur « TOGETHER : une Aventure Musicale Pixar ». Quelles sont les particularités de ce spectacle ? La grande nouveauté, c’est cette immersion vidéo. Il y a des écrans LED partout, et même une dalle LED au sol qui prend la totalité de la scène. La vidéo, c’est un média qu’on connaît, à la télévision ou dans les concerts, mais le fait de le voir sur scène, et dans ces conditions, je peux vous assurer que c’est bluffant. On passe vraiment dans le monde des jouets, le monde de Toy Story. Pour l’avoir vu et revu en répétition, je n’en reviens toujours pas ! En voyant nos artistes évoluer au milieu de ces écrans, on se prend tout de suite au jeu. C’est une innovation assez fantastique.   Le public est lui-aussi immergé dans cet univers. Exactement. De par ses proportions, Studio Theater était la salle idéale pour que ce genre d’expérience immersive fonctionne. Quand on rentre dans l’univers de Toy Story, tout le mobilier de la chambre devient géant et les jouets prennent taille humaine. Cela permet aux spectateurs de se sentir à leur tour comme des jouets. C’est vraiment génial ! Comment les effets spéciaux participent-ils à cette immersion ? La quasi-totalité des effets physiques ont lieu dans la salle. Je pense notamment aux gouttelettes qui vont tomber sur les gens au moment où un personnage tombe dans l’eau. C’est un effet qui a déjà été fait, mais qui prend ici une tout autre dimension parce qu’il est en lien direct avec ce qui se passe sur cette scène incroyable. Quand je l’ai vu fonctionner pour la première fois, j’étais comme retombé en enfance. Je ne m’attendais pas à ce que cela marche aussi bien. À Disneyland Paris, on s’efforce depuis des années à rendre nos spectacles et nos expériences toujours plus immersifs. C’est donc une approche que je connais bien. Mais me surprendre moi-même, cela ne m’était jamais arrivé. Je pense que cela surprendra tout autant nos spectateurs, tout comme les effets de vent ou en odorama.    En parlant d’odorama, comment as-tu utilisé ce procédé ? La première fois que nous l’avons utilisé, c’était pour « La Parade des Rêves Disney », à l’occasion de notre 15e anniversaire. C’était tout nouveau. Chaque char avait son propre parfum. La différence sur « TOGETHER », c’est que nous ne voulions pas diffuser des odeurs en permanence, mais au contraire créer la surprise avec une touche parfumée qui apparaît en conjonction avec un moment précis dans chacun de nos trois tableaux. Je pense tout particulièrement à la scène avec Lotso, l’ours en peluche de Toy Story 3 qui sent la fraise. C’était le personnage idéal pour dégager une odeur que le public pourrait sentir. Je suis parti de deux parfums que j’ai testés dans une salle à part avec nos deux metteurs en scène en les diffusant tour à tour au moyen d’un ventilateur et nous sommes tous tombés d’accord sur le produit qui incarnait le mieux Lotso. Il est très important que la diffusion soit très brève. L’odeur est juste un moyen de renforcer l’arrivée du personnage, comme un flash, et elle ne doit en aucun cas empiéter sur les autres parfums que nous utilisons pour les autres tableaux, d’autant que nous sommes ici dans une salle fermée, avec un spectacle qui se joue cinq fois par jour. Nous avons donc fait de nombreux tests pour déterminer le moment et la durée de diffusion. Chaque spectacle est unique et ce que l’on peut faire en matière de parfum d’ambiance dans Studio D par exemple n’a rien à voir avec ce que nous faisons ici. Trois parfums différents dans un seul et même spectacle, c’est un véritable défi ! « TOGETHER » étant une « Aventure Musicale », comment la musique s’intègre-t-elle dans tout ce dispositif ? C’est une touche d’émotion en plus. Le fait d’avoir des musiciens présents sur scène et qui jouent en live, c’est un effet à lui tout seul. En plus, ils interprètent certaines des chansons Disney Pixar les plus célèbres.  C’est vraiment magique. Avec le visuel et les effets, tous les sens sont à la fête !   Tout cela forme un spectacle particulièrement poétique. Complètement. Rien à voir avec un feu d’artifice ou un spectacle de cascades. Ce sont les dessins animés que l’on a découverts en famille qui prennent vie ici d’une manière totalement nouvelle. On ne peut s’empêcher d’avoir le sourire. C’est un festival d’émotions.   Comment s’est passée ta collaboration avec l’équipe créative ? Dans mon métier, on est impliqué assez tôt dans le processus, dès que les premières idées sont couchées sur le papier par les Metteurs en Scène. Dès qu’un concept global est mis sur pied, nous, designers et directeurs techniques, nous rentrons dans le vif du sujet pour répondre aux besoins des créateurs du spectacle en essayant de comprendre leur vision et en trouvant des moyens de la concrétiser en termes de lumière, de vidéo, etc. Par exemple, pour ce qui est des effets spéciaux, quand le Metteur en Scène dit qu’il veut du vent pour le moment où on rentre dans le monde de Là-Haut, tout de suite on réfléchit aux différents endroits où placer notre matériel et comment développer toute cette partie technique pour que la magie opère en vrai dans la salle. Des fois, cela ne fonctionne pas, et il faut trouver d’autres solutions. À l’inverse, il y a des fois où on pense que cela ne va pas marcher et on arrive pourtant à des choses étonnantes. Il faut aussi s’assurer que chaque effet apporte quelque chose à l’histoire et aux émotions. Un effet pour lui-même ne sert à rien. Pour y parvenir, nous avons des échanges pendant plusieurs mois avec les créateurs tandis que le spectacle se construit petit à petit. Tout au long de ce processus, on fait énormément d’essais. Le but, c’est qu’à la générale, on ait réussi à fournir la totalité des effets souhaités par notre direction artistique. C’est un défi permanent car il faut sans cesse se réinventer. Chaque spectacle est unique, chaque scène est unique. Même si on connaît un effet par cœur, il faut toujours le repenser entièrement. Un effet de fumée lourde qu’on va utiliser sur « Mickey et le Magicien » ne pourra pas du tout être déployé de la même manière sur « TOGETHER ». Une machine à bulles peut être utilisée d’une certaine manière à Studio D, mais devra l’être d’une tout autre à Studio Theater. Donc même si le matériel est le même, tout est à réimaginer en permanence. Le but n’est pas d’aller chercher absolument une nouvelle technologie. Il faut au contraire qu’on réfléchisse comment faire fonctionner notre matériel de manière durable tous les jours et comment l’installer sur un nouveau spectacle. C’est comme un artiste, un comédien, qui ne sera jamais mis en scène deux fois de la même manière. C’est passionnant.   Que représente « TOGETHER : Une Aventure Musicale Pixar » pour toi ? C’est probablement l’une des histoires les plus émouvantes sur lesquelles j’ai eu à travailler. L’autre particularité, c’est que les effets n’ont pas été conçus pour la scène, mais pour les spectateurs. Le défi, c’était de réussir à prolonger le spectacle jusque dans la salle, conçue non pas simplement comme une zone occupée par le public, mais comme une extension de la scène, dans un espace global où tout le monde, les artistes comme le public, est partie-prenante de l’histoire et partage les mêmes émotions. Je peux d’autant plus en témoigner que je les ai moi-même ressenties. J’adore ce spectacle. J’y ai passé parmi les plus beaux moments de ma carrière. J’attends avec impatience de voir les réactions du public. Comme pour Disney Dreams !, tu t’installeras au milieu du public ? Absolument ! Le but, c’est vraiment de partager des émotions tous ensemble. Je vais y emmener ma petite fille, l’asseoir à côté de moi et observer ses réactions. Je sais quand intervient chaque effet, et à ce moment, je ne regarderai pas le spectacle mais son visage à elle, et le visage de mon voisin de l’autre côté. C’est ce que je fais à chaque nouvelle production. Je ne vais pas voir le spectacle ; je vais voir les visiteurs voir le spectacle. Mon métier c’est de faire dire « wow » au public, si ce n’est pas le cas je retourne travailler mon effet jusqu’à ce que je puisse l’entendre. Et quand les spectateurs réagissent et prennent du plaisir comme je me suis fait plaisir à y participer, l’émotion est alors totale !   Source : InsidEars
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Together - Metin Cig

9 months ago

Passionné tout à la fois par l’univers Marvel et les nouvelles technologies de la vidéo, Martin a trouvé dans Avengers : Power the Night un terrain de jeu au-delà de ses rêves les plus fous. Il nous raconte son expérience incroyable au sein de l’équipe créative du spectacle. Martin, en quoi consiste ton travail à Disneyland Paris ? Je m’occupe de la conception technique de nouvelles expériences. Ce peut être dans un théâtre en intérieur ou en extérieur, ou encore sur une parade. Les équipes artistiques ont l’idée, la vision, et mon rôle consiste à la transformer en un concept technique afin que la magie opère. Comment en es-tu venu à occuper ce poste ? Auparavant, j’ai beaucoup travaillé au Canada. J’ai commencé comme technicien vidéo, jusqu’à être en charge d’un département entier pour une grande société spécialisée dans l’événementiel. Je faisais beaucoup de mapping, mais aussi des congrès politiques, sportifs et des événements d’entreprise. Quand je suis revenu en France, je suis tombé sur une annonce de Disneyland Paris et je n’ai pas hésité. J’ai toujours été fan et rejoindre l’entreprise est comme un rêve devenu réalité. J’ai commencé il y a un peu plus de trois ans en tant que Régisseur vidéo Spectacle. J’avais en charge l’équipe des techniciens vidéo des parcs et je gérais la partie opérationnelle de nos différentes productions. J’ai notamment participé à Star Wars : La Célébration Galactique, qui reste un très grand souvenir. Et depuis mai 2022, je suis passé Concepteur Vidéo et Show Control pour la division Spectacles de Disneyland Paris. Quel fut ton rôle sur Avengers : Power the Night ? Mon rôle consistait à faire le lien entre les personnes qui ont développé les différents médias utilisés dans le spectacle et Arnaud, notre metteur en scène. Pour cela, nous nous sommes appuyés sur le système qui avait déjà fait ses preuves sur la saison Legends of the Force et que nous avons remis à jour avec les équipes de maintenance. Puis nous avons fait beaucoup de tests sur site pour qu’il y ait une véritable osmose entre la vidéo, les effets spéciaux, la lumière, les lasers et évidemment les drones. Tout cela à 4h du matin pour que cela reste une surprise jusqu’au soir de la Première ! À quel stade du projet es-tu arrivé ? J’ai été impliqué très tôt, dès que le projet a été véritablement lancé et que le metteur en scène a présenté ses premières idées aux équipes de Marvel. De cette manière, j’ai pu suivre au plus près l’évolution des idées et voir ce qui était réalisable d’un point de vue technique. Sur Avengers : Power the Night, tout pouvait fonctionner dès le départ, ce qui a grandement facilité les choses. Comment s’est passé le travail avec Arnaud ? Nous avons essentiellement collaboré lors des tests sur place. Nos échanges se sont concentrés sur les mouvements des personnages et leur placement sur The Twilight Zone Tower of Terror. J’apportais mon expertise technique pour suggérer tel ou tel placement en fonction des différents effets souhaités. Il fallait aussi prendre en compte le fait qu’un spectateur qui va être complètement à droite ou à gauche de Production Courtyard n’aura pas du tout le même point de vue. Nous avons donc travaillé pour faire en sorte que tous les spectateurs puissent avoir une expérience optimale. Comment se créent les vidéos du spectacle ? Grâce au talent de nos équipes internes de motion design, qui ont l’habitude de travailler avec The Twilight Zone Tower of Terror. Ils ont un modèle 3D de l’attraction dans leurs machines et ils dessinent directement dessus. Ils m’ont donc livré un média prêt à être diffusé. J’ai assemblé le montage des médias dans nos serveurs vidéo et réalisé la programmation, les transitions d’ouvertures, les annonces de F.R.I.D.A.Y. et la fin du spectacle, mais l’essentiel était là. Comment passe-t-on de la modélisation sur ordinateur aux tests grandeur nature ? Sur un écran, un média peut rendre parfaitement bien, mais les tons ocres de The Twilight Zone Tower of Terror imposent déjà des ajustements au niveau des couleurs. De la même manière, certaines transitions peuvent fonctionner à l’écran, mais avec la pyrotechnie et les autres effets, on n’obtient plus forcément l’effet envisagé. C’est donc à moi d’ajuster en live, notamment au niveau du placement des personnages sur la tour, pour voir de quelle manière ils vont pouvoir tirer ou lancer des objets, ou encore quelle pyrotechnie utiliser pour que tout fonctionne en harmonie avec la vidéo. Afin d’être encore plus efficaces, nous avions branché la machine de motion design directement sur notre système, comme on mettrait une caméra en live, et grâce à cela, le motion designer pouvait faire les modifications nécessaires directement durant les tests, ce qui a permis de gagner beaucoup de temps. Quelle est la spécificité de la tour en tant que support ? L’avantage, c’est qu’elle est très carrée, ce qui offre une belle surface à utiliser. En revanche, le défi, c’était de faire en sorte qu’elle puisse s’effacer au profit des personnages projetés. Il a donc fallu travailler les médias afin qu’on l’oublie pour mieux plonger le spectateur dans l’univers des Super Héros Marvel. Comment avez-vous mis en place les interactions entre les différents médias ? Le laser est un bon exemple. Dans beaucoup de tableaux, il vient épouser la vidéo et souligner certains mouvements comme le lancement des flèches. Il a donc fallu fournir des éléments vidéo en amont afin que le designer en charge de cet effet puisse travailler au plus près du visuel. Ce n’est qu’ensuite que l’on passe aux tests grandeur nature, afin de nous assurer que ce que nous avons imaginé dans nos têtes et sur nos ordinateurs fonctionne bien dans la réalité. Comment avez-vous géré l’équilibre entre la vidéo et les drones ? Avengers : Power the Night est un spectacle de drones. C’est d’eux que vient l’effet « Waouh » de cette expérience. Il faut donc faire en sorte, quand ils apparaissent, d’être le plus sobre possible côté vidéo, et notamment au niveau des mouvements. Durant ces moments, la vidéo va en quelque sorte s’effacer, pour ne pas attirer l’attention sur elle et permettre aux drones de s’exprimer. C’est un véritable ballet entre chaque discipline et chaque métier. Quel fut le rôle de la musique dans la conception du spectacle ? Elle est le chef d’orchestre du spectacle. Elle donne la durée et le rythme des différents moments. On dispose tous de la bande son, notamment les motions designers, et c’est elle qui permet de synchroniser tout le monde. En quoi ton expérience opérationnelle nourrit ton travail actuel ? Quand on imagine un spectacle, il faut aussi prendre en compte le fait qu’il va être joué tous les soirs, parfois plusieurs fois par soir, avec à chaque fois le même rendu et la même qualité. Il faut donc que les équipements tiennent et que les opérateurs soient à l’aise avec leur mode de fonctionnement. Avoir été dans l’opérationnel auparavant m’a permis de prendre en compte le spectacle dans sa réalité, et de travailler dans cet esprit afin d’avoir une expérience identique chaque soir. Un spectacle de cette échelle, c’est en effet beaucoup de préparation au quotidien. Cela demande énormément de vérifications chaque jour en amont. Pour ce qui est des techniciens qui opèrent en vidéo, ils arrivent 4 heures minimum avant le début du spectacle et ils ont tout une procédure à respecter pour vérifier chaque vidéoprojecteur et s’assurer que les media servers, les machines qui vont faire le mapping vidéo, fonctionnent correctement. Nous avons aussi toutes sortes de sécurités et de relais pour être sûrs, si un problème technique surgit, que le spectacle puisse être donné malgré tout dans les meilleures conditions. La vidéo, cela représente combien de personnes ? En termes de concepteurs vidéo, nous sommes deux. En revanche, l’équipe opérationnelle compte en ce moment une dizaine d’opérateurs. Leur nombre évolue en fonction des besoins et des événements. Quant aux équipes maintenance, elles sont très nombreuses dans la mesure où elles ont beaucoup d’équipements en charge. Cela représente une soixantaine de personnes environ. Quels sont les défis que vous avez rencontrés pour mettre au point ce nouveau spectacle ? Le principal défi tenait aux délais. Nous avons eu deux mois pour produire l’ensemble de ce spectacle, ce qui est très court. Il y a aussi la synchronisation entre tous les éléments. Je pense que nous n’avons jamais eu autant d’interactions à gérer, comme l’utilisation intégrée des lasers. Les drones ont été également conçus dans la continuité de la vidéo, comme au moment où Captain America lance son bouclier. La continuité se fait directement dans le ciel sur les drones, et c’est précisément ce qui rend ce spectacle unique et superbe. Dans de telles conditions, le travail d’équipe est essentiel. Je pense que cela a effectivement créé des liens entre nous. Nous avons des ressources incroyables en interne. Le fait de travailler directement entre collègues, sans passer par un studio externe, nous a permis de montrer ce dont nous étions capables ensemble. Cela a permis également de faire éclore de très belles idées et conduit à un très beau résultat. Quel est ton moment préféré de ce spectacle ? Étant un fan de Marvel, j’adore vraiment l’ensemble du spectacle. Mais si j’avais à choisir un moment en particulier, je dirais la séquence avec Vision. Il n’y a pas de drones. L’effet est basé sur le laser qui sort de son front et sur son décollage. Nous avons réussi à positionner le personnage sur la tour de telle sorte que le laser se retrouve exactement au bon endroit. Nous n’étions pas sûr de garder ce passage, mais au final, nous nous sommes rendu compte qu’il fonctionnait à merveille. Je suis ravi qu’il ait été conservé ! Je n’oublierai pas non plus la Première. Nous étions tous avec le public au milieu de Production Courtyard et j’ai été tout particulièrement ému par les réactions des enfants. Ils s’extasiaient en reconnaissant leurs héros préférés et riaient en voyant la Guêpe tournoyer ou encore Groot scratcher sur The Twilight Zone Tower of Terror ! C’est à ce moment qu’on sait que la magie opère vraiment ! Source : Insidears
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Martin Clérel

a year ago

Aujourd'hui sort Euro Disney l’album officiel, le tout premier disque vinyle réalisé pour Disneyland Paris. Rencontre avec Régis Alart, Chef de Produit Collectibles dans la division Merchandise Produit de Disneyland Paris. Quelques infos sur le produit : deux parties avec une face 1 « Hier » et une face 2 « Aujourd’hui », les visiteurs pourront y retrouver des titres musicaux du passé comme du présent, 25 euros, en vente à Walt Disney Studios Store / The Storybook Store / Harrington’s Fine China & Porcelains / The Disney Gallery.  Rencontre avec Régis Alart, Chef de Produit Collectibles dans la division Merchandise Produit de Disneyland Paris. Comment est venue l’idée d’un vinyle Disneyland Paris ?  Depuis quelques années, le disque vinyle fait son grand retour. Quand Euro Disney a ouvert ses portes en 1992, celui-ci était devenu un produit obsolète, complétement remplacé par le CD. L’idée était donc d’imaginer ce à quoi aurait pu ressembler la pochette d’un album officiel Euro Disney si nous en avions sorti un à l’époque. Réutiliser les codes graphiques de l’époque était un projet amusant que nous avons pu mener avec des artistes passionnés de l’histoire de notre destination.     Comment s’est passée la collaboration avec Walt Disney Records ?  Disney Music Group nous a laissé une grande liberté sur la création du disque. C’était l’occasion pour moi de collaborer directement avec les équipes de Walt Disney Imagineering et Disney Live Entertainment pour les recherches de masters et le choix des pistes. Disney Music Group a apporté son expertise pour la gestion des droits et la production du disque. Comment s’est fait le choix des différentes pistes ?  Nous souhaitions mettre en avant l’histoire du Parc Disneyland et de ses attractions, ainsi que les musiques créées pour le 30e anniversaire – comment ne pas inclure l’hymne de notre célébration, Un Monde qui s’Illumine, et l’incontournable Ready for the Ride ? Très tôt dans le projet, Tom Fitzgerald, de Walt Disney Imagineering, a suggéré de scinder l’album en 2 parties, avec une face 1 « Hier » et une face 2 « Aujourd’hui ».  La face 1 permet ainsi de retrouver certaines musiques de notre passé, comme celle de Space Mountain – De la Terre à la Lune ou encore Le Visionarium – Un Voyage à Travers le Temps qui n’avaient encore jamais publiées. La face 2 reflète l’évolution du Parc Disneyland, avec certains changements pour nos attractions comme Phantom Manor, Pirates of the Caribbean ou encore Star Tours :  l’Aventure Continue.   Une anecdote sur le développement de ce vinyle ?  Participer à la création d’un album était une expérience très intéressante. J’ai adoré toute la période de recherche de musiques, une étape très collaborative avec les équipes de Walt Disney Imagineering basées à Glendale. Cependant, faire le choix est toujours difficile, surtout quand nous sommes limités à 25 minutes par face avec un disque vinyle 33 tours. Nous avons la chance d’avoir des musiques incroyables et j’espère que nous aurons rapidement la possibilité de nous y replonger sur un prochain projet. Pourquoi pas avec un album autour d’une attraction comme Phantom Manor, par exemple… Qu’en pensez-vous ? Source : Insidears   
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Euro Disney vinyle

a year ago

Dans le cadre de la transformation actuelle du parc Walt Disney Studios, Walt Disney Imagineering présente un nouveau « prélude » se composant de sélections instrumentales extraites des nombreuses histoires et aventures se trouvant dans le parc. La musique est l'une des pierres angulaires de The Walt Disney Company, dont les chansons et les compositions sont appréciées des fans du monde entier. Dans le cadre de la transformation actuelle du parc Walt Disney Studios, Walt Disney Imagineering présente un nouveau « prélude » se composant de sélections instrumentales extraites des nombreuses histoires et aventures se trouvant dans le parc. Des films d’animation de La Reine des Neiges à Toy Story en passant par le côté épique des films Marvel, les visiteurs pourront reconnaître certains de leurs thèmes et bandes originales préférés, dès leur entrée dans le parc.   Mike Fracassi, Senior Music Producer à Walt Disney Imagineering, nous explique en quoi consiste cette nouvelle atmosphère créée pour La Place des Frères Lumière :   Peux-tu dévoiler le secret du processus de création d'une nouvelle musique de fond, pour l'un de nos parcs à thème ? Quel est ton rôle dans ce contexte ? Tout d'abord, nous nous demandons de quelle manière la musique peut appuyer la narration et accompagner les émotions suscitées par l'environnement et les événements ; ensuite, ce qu'elle est censée apporter, et de quelle façon nous voulons que nos visiteurs se sentent dans cet espace. Lorsque Tom Fitzgerald, Portfolio Creative Executive, et John Dennis, Executive Creative Director, m'ont demandé de travailler sur le nouveau programme de musique de fond pour la Place des Frères Lumière, j'ai été immédiatement enthousiasmé, car j'avais créé les programmes musicaux originaux pour l'ensemble du parc en 2002. Ce fut un privilège de collaborer avec les parcs parisiens pendant toutes ces années ; d’ailleurs, le parc Walt Disney Studios a été l'un de mes premiers projets chez Walt Disney Imagineering. Tom avait une vision très précise de ce que la musique devait apporter. À partir de là, j'ai commencé à rassembler des idées musicales et à établir une liste de lecture à étudier. Par la suite, nous avons poursuivi notre travail de sélection et de mise en séquence des musiques, afin que tout fonctionne et que le son soit bon. L'une de nos monteuses son, Megan Duncan, a effectué un excellent travail de mise en forme des séquences de manière à ce que les différents thèmes concordent parfaitement.   Au fil des ans, de nombreuses histoires ont pris vie au parc Walt Disney Studios. Comment avez-vous choisi les éléments musicaux adaptés à l'ambiance que vous souhaitiez créer ? La première image que l'on perçoit de notre hommage au cinéma dans le parc Walt Disney Studios commence par l'esplanade d'entrée. Le parc a grandi et évolué avec tant de nouvelles histoires et de nouveaux personnages, qu'il était temps que la musique reflète le parc d'aujourd'hui... avec également un aperçu de l'avenir. La nouvelle musique d'entrée est un prélude captivant et énergique de votre expérience à venir, qui célèbre les personnages et les histoires du parc. Nous avons choisi des thèmes familiers et inoubliables pour faire monter l’anticipation quant à ce qui vous attend de l'autre côté de Disney Studio 1. Au cours de vos promenades sur l’esplanade, vous entendrez peut-être un thème d'un film Disney ou Pixar qui vous tient à cœur, ou un thème musical épique de l’univers Marvel. Le parc est en pleine métamorphose et nous utilisons la musique pour accompagner nos visiteurs tout au long de ce voyage.   Quel est le morceau que vous préférez et que vous avez hâte d'entendre à Front Lot ? C'est une question difficile ! Il y a tellement de bandes-son remarquables parmi les nouvelles musiques de l’esplanade ; je dirais que peu sont aussi stimulantes que The Avengers. Merci beaucoup Mike, ainsi qu’à tous les Imagineers et partenaires qui participent activement à ces projets de transformation ! Source : Insidears
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Mike Fracassi

a year ago

Vous les croisez régulièrement avec leur matériel, dans les allées de Disneyland Paris ou sur les points de rencontre Personnage. Ils sont là pour immortaliser vos souvenirs les plus magiques. En cette journée de la Photographie, nous sommes partis à la rencontre de Romain, Photographe à Disneyland Paris, pour en apprendre davantage sur son métier ! Peux-tu te présenter ? Bonjour ! Je suis Romain, photographe expérimenté depuis plus de 10 ans dans le service Disney PhotoPass à la division Spectacle. Passionné de photographie depuis très jeune, j’ai intégré une école photo avant d’arriver à Disneyland Paris.   Quelle est la particularité de ton métier ?  Notre métier demande une grande adaptabilité de notre environnement, nous travaillons aussi avec énormément de divisions. Nos photos ont la particularité de devoir être bonnes dès la prise de vue, nous réalisons peu de retouche, ce qui est très rare à l’heure actuelle.  Qu’aimes-tu dans la photographie ?  Au sein de Disneyland Paris j’aime capturer des moments magiques, un instant, une expression . Lors de voyages, j’aime sublimer un endroit, quand  une personne n’y voit qu’une simple rue ou paysage, j’aime y voir une opportunité créative et artistique.   Peux-tu nous décrire une journée type d’un photographe à Disneyland Paris ?  Une journée type de photographe commence avec un briefing. Nous prenons notre matériel attitré pour la journée, nous vérifions le bon état de marche de ce dernier avant de nous échauffer physiquement. Une fois arrivés sur notre point photo, quelques tests sont nécessaires pour s’assurer des bons réglages, notamment en extérieur où la météo peut être très changeante et impacter la lumière. Tout  commence avec l’arrivée du Personnage et de et de son accompagnateur/trice, une véritable cohésion d’équipe est alors nécessaire. J’alterne les prises de vue de moments dit « reportage » (bisous, câlins, regards) avec des photos posées. Lors de la fin de la rencontre, je dois décharger mes photos (sauf si nous sommes en wifi) et m’assurer une dernière fois de leur bonne qualité avant de les envoyer dans le système pour que le visiteur puisse la récupérer.  Pour toi, qu’est-ce qu’une photo réussie ? Une photo réussie (hormis l’aspect technique qui est le plus important) est une photo avec de l’émotion ! Les réactions de nos visiteurs qui découvrent leurs personnages favoris est une véritable source d’inspiration,  c’est pour moi le meilleur moment à immortaliser. Le « reportage » permet de trouver le meilleur angle, de capturer une réaction naturelle. C’est souvent une belle surprise pour nos visiteurs qui ne s’y attendent pas.    Aurais-tu certains de tes clichés que tu préfères à nous partager en cette Journée Mondiale de la Photographie ?  C’est difficile d’en choisir une ou deux mais voici quelques photos que j’ai réalisées à Disneyland Paris et lors de certains voyages. je les particulièrement pour leur ambiance.    Merci à toi !   Source : Insidears
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Romain - Photographe

a year ago

Interview avec Dan, Louisa et Mabrouk: les équipes Spectacle de Disneyland Paris et Disney Live Entertainement ont collaboré pour donner vie à Avengers Campus     Des histoires dont vous êtes les héros Avengers Campus est vraiment un endroit à part, qui ne ressemble à aucun autre Land de Disneyland Paris. Dan : Absolument. La particularité de l’histoire d’Avengers Campus, c’est qu’elle prend place dans notre monde et dans notre temps, ici et maintenant.  Nous ne sommes pas dans une autre époque, un autre pays, voire même un autre univers. Nous sommes dans un campus qui a été conçu par Tony Stark à partir d’installations industrielles construites par son père. C’est un endroit vivant et actuel. Un endroit réel. Et tout le monde, visiteur comme Super Héros, a une raison bien précise de venir dans ce lieu unique.   Cette raison, c’est de former de nouvelles recrues. Et pour ce faire, les Super-Héros Marvel vont avoir un rôle crucial. Dan : Tout-à-fait. Prenez Spider-Man. C’est un adolescent qui essaie de trouver un équilibre entre son école, ses expériences scientifiques et sa vie de Super Héros. C’est quelque chose que vit tout adolescent ou parent d’adolescent à sa manière. C’est pour cela qu’ils se sentent proches de lui et qu’ils auront plaisir à le retrouver sur le Campus.  C’est une source d’inspiration très importante pour beaucoup de gens. Les Gardiens de la Galaxie, eux, sont à la recherche de nouvelles recrues pour les rejoindre dans leurs aventures intergalactiques. Et comme les visiteurs d’Avengers Campus sont appelés à devenir eux-mêmes des héros, ils ne pouvaient pas mieux tomber ! Quant à la Générale Okoye, qui dirige les Dora Milaje, les forces spéciales Wakandaises, elle utilise sa sagesse pour nous enseigner comment devenir un allié du Wakanda, des Avengers ou plus simplement un protecteur pour nos proches. Il y a là un message très humaniste sur l’importance de prendre soin les uns des autres. Chaque Super Héros contribue à notre formation avec sa personnalité et son histoire.   Dans quelle ligne temporelle se situe Avengers Campus par rapport aux films du Marvel Cinematic Universe ? Dan : Avengers Campus se situe « ici et maintenant », dans sa propre ligne temporelle. C’est pour cela que vous pouvez y rencontrer des Super Héros qui sont censés avoir disparu au cinéma comme Iron Man. C’est ce qui rend chaque visite unique. Quand on y réfléchit, cette approche n’est pas si nouvelle pour un Parc Disney. En allant à Disneyland ou Walt Disney World, on peut aussi bien voir Ariel avec des nageoires, ou avec une robe, et même Ursula, alors que dans le film, elle est censée avoir été éliminée. Or, dans notre monde et dans nos parcs, elle existe dans une timeline immuable. C’est ce qui fait que nos visiteurs ne sont pas prisonniers d’une histoire, mais bien libres de créer et de vivre leur propre histoire.     Des rencontres pas comme les autres Comment se déroulent les différentes rencontres avec les Super Héros ? Dan : Elles peuvent se dérouler de trois manières différentes. Il y a d’une part des rencontres héroïques, à la fois proches et personnelles. Rencontrer un Super Héros, c’est bien plus que le croiser ou prendre une photo avec lui. C’est le fruit d’une véritable démarche, d’une aspiration, et d’un désir de l’imiter. C’est ce qui se passe notamment au Hero Training Center où les recrues peuvent vivre un moment unique et privilégié avec leur héros préféré. Nous voulions aussi qu’il y ait un engagement actif des recrues dans les rues du Campus. C’est dans ce sens qu’ont été envisagés Les Gardiens de la Galaxie : Dance Challenge ! et Les Guerrières du Wakanda. Et enfin, on peut voir les Super Héros dans des situations iconiques. Dans les films Marvel, ils donnent vraiment de leur personne, et nous ne ferions pas notre travail si nous ne permettions pas à nos visiteurs de voir leurs héros en pleine action, notamment sur les toits des différents bâtiments. Au final, il y a des Super Héros partout ! Pouvez-vous nous en dire plus sur les différentes occasions de les rencontrer ? Louisa : L’Alliance des Avengers est une opportunité pour nos visiteurs d’assister à de grandes scènes d’action, avec des cascades et des mouvements acrobatiques, en compagnie de nos Super Héros. Nous avons également trois méchants, le Taskmaster et ses deux Task Forces, qu’on a pu voir dans le film Black Widow. Ces derniers ont volé un précieux artefact et Black Widow va tenter de le récupérer en compagnie de Black Panther. C’est une association très originale entre ces deux héros, et toute cette aventure se déroule sur les toits de Spider-Man W.E.B. Adventure, non loin du Quinjet. Nous avons une histoire passionnante, une grande musique et des moments épiques avec nos Super-Héros. Tout ce qu’il faut pour passer un moment inoubliable, drôle et palpitant ! Sans oublier cette touche d’humour qui est la signature Marvel.   Ce mélange d’action et d’humour est vraiment l’une des signatures des films Marvel. Dan : Je suis totalement d’accord. C’est le fondement de tout cet univers. Notre approche d’Avengers Campus s’est construite à partir d’innombrables heures de conversation avec nos partenaires de Marvel Studios. Tout comme nous, les Super Héros Marvel ne sont pas parfaits ; ils ont leurs défauts et leurs problèmes. Et c’est précisément l’humour qui crée une connexion avec eux, un lien qui les rend proches de nous et nous inspire. On peut faire passer énormément de choses de cette manière. Louisa : C’est ce qui fait que tout le monde peut s’identifier à eux, et notamment les enfants. Ce sont des Super-Héros, mais ils sont aussi humains.   Quels sont les autres événements qui rythment notre visite à Avengers Campus ? Mabrouk : Spider-Man est l’un de nos Super Héros les plus populaires, notamment auprès des enfants. C’est pourquoi on peut le retrouver plusieurs fois au cours de la journée. Le matin, il accueille nos visiteurs. Et par la suite, il peut y avoir différents scénarios. L’un d’entre eux est directement lié à l’attraction Spider-Man W.E.B. Adventure dans la mesure où il devra retrouver et ramener les Spider Bots qui se sont échappés à travers le Campus. C’est une opportunité pour les visiteurs de prolonger l’expérience de l’attraction. Mais ce n’est pas tout. Vous avez certainement entendu parler de son nouveau costume, conçu spécialement pour l’Avengers Campus de Disneyland Paris. L’arrivée de nouvelles recrues est pour lui l’occasion idéale pour le tester. Enfin, il peut être amené à affronter des méchants, en l’occurrence le Taskmaster et ses complices. Car ici toutes les histoires sont liées.   Louisa : Depuis La Saison des Super Héros en 2018, nous savions que nos visiteurs aiment danser avec les Gardiens de la Galaxie. Ils sont donc de retour avec une nouvelle histoire, de nouveaux pas de danse, mais avec toujours le même sens de l’humour. Les représentations se déroulent désormais devant F.R.I.D.A.Y., l’intelligence artificielle qui gère l’ensemble du Campus, et dont les couleurs changent au rythme de la musique ! Quant à Les Guerrières du Wakanda, c’est un moment très spécial. La Générale Okoye et deux gardiennes royales du Wakanda évoluent à travers le Campus pour partager avec nous la sagesse des Dora Milaje et nous faire comprendre ce que c’est d’être un allié et de se protéger les uns les autres.   Où a-t-on le plus de chance de retrouver les Super Héros ? Dan : Il y a bien sûr le Hello Training Center, Le Portail des Héros, ou encore les toits du Campus, mais il y a encore bien d’autres lieux iconiques. On peut retrouver les Gardiens de la Galaxie tout près de F.R.I.D.A.Y.. C’est l’intelligence artificielle qui gère l’ensemble des systèmes du campus. Elle est immense ; elle occupe l’ensemble de la façade arrondie de l’attraction Avengers Assemble : Flight Force. Elle a une véritable personnalité. C’est la voix et le cerveau du Campus. Les Super-Héros apparaissent aussi régulièrement autour du Quinjet. Il occupe une position stratégique, tout près de F.R.I.D.A.Y., et c’est un passage obligé pour accéder à Avengers Assemble : Flight Force. Nous avons collaboré avec les Imagineers pour créer une passerelle circulaire tout autour de lui. C’est là que les Super-Héros se rassemblent pour accueillir les nouvelles recrues. C’est un moment très spécial. Un tel rassemblement ne peut se voir qu’à Disneyland Paris. Il y a enfin un véhicule unique créé par Tony Stark, Le Véhicule de Déploiement des Avengers (ou ADV, l’ Avengers Deployment Vehicule) qui sert à transporter les héros à travers le Campus. Gardez les yeux bien ouverts pour voir qui est à bord !   Si Avengers Campus ressemble par certains aspects à la version de Californie, il n’en est pas moins unique. Dan : Tout à fait. Par exemple, le costume de Spider-Man que vous pouvez voir est exclusif à Disneyland Paris. Les acrobaties sont également différentes. Certains éléments ont été développés pour les deux parcs, mais chaque détail a été personnalisé pour Disneyland Paris. Rien n’est identique, tout est unique. De même, la musique a été écrite par le même compositeur, Jérôme Leroy, d’origine française, qui travaille avec Michael Giacchino et qui connaît ses partitions sur le bout des doigts. Il a su comment reprendre ses thèmes tout en les adaptant parfaitement aux événements qui se déroulent dans notre Campus.     Un lieu immersif et interactif Avengers Campus est un lieu à la fois immersif et interactif. Comment avez-vous envisagé cette interactivité avec les visiteurs ? Dan : Quand vous allez voir un film Marvel, vous êtes certain de vivre une merveilleuse expérience cinématographique, mais vous n’en faites pas partie. Alors qu’à Avengers Campus, vous êtes le centre de votre propre histoire. Tout notre travail repose alors sur les moyens de faire vivre totalement cette histoire à nos visiteurs. Il ne s’agit pas juste de les appeler « recrues » ; notre propos est de les traiter concrètement en tant que telles, en leur offrant la possibilité incroyable de côtoyer des Super Héros, et de s’entraîner avec eux, tout cela dans un environnement qui les inspire et les pousse à donner le meilleur d’eux-mêmes. C’est la base-même de nos interactions. Par exemple, Les Gardiens de la Galaxie : Dance Challenge ! n’est pas qu’une occasion de danser avec Star Lord et Gamora. Il y a toute une histoire, une raison d’être à cette chorégraphie motivée par leur désir de vous recruter et de vous intégrer éventuellement à leur équipe galactique. La particularité de cette démarche vient du fait que Star Lord adore danser et que, par ce biais, il veut être sûr que vous serez de bonne compagnie pour lui dans l’espace. Cette danse est non seulement un bon moment passé avec les Gardiens de la Galaxie, mais elle a du sens par rapport à leur histoire. C’est la même chose avec Okoye. C’est un véritable apprentissage, tant sur le plan physique que philosophique. À Avengers Campus, il n’y a pas de spectacle. Notre rôle est de créer des situations dans lesquelles les visiteurs feront eux-mêmes partie de l’histoire. À ce titre, le Hero Training Center est un lieu particulièrement riche en interactivité. Vous avez la possibilité d’y rencontrer Spider-Man, mais également Captain Marvel et Iron Man dans un environnement spécifiquement imaginé par Tony Stark pour la formation des recrues. Rien à voir avec le simple fait de prendre une photo ou de serrer la main d’un Personnage. Vous êtes là pour apprendre de véritables gestes d’action qui vous permettront d’évoluer et de progresser pour combattre et protéger les autres, et ce moment d’action est fixé dans le temps grâce à 27 photos prises simultanément et assemblées de manière spectaculaire. Vous créez et vivez une histoire unique avec ces héros, dans un esprit de collaboration, de partage ou de camaraderie. Et à chaque fois que vous reviendrez, vous apprendrez quelque chose de différent, vous vivrez quelque chose de différent. Même si vous retrouvez le même Super Héros, ce sera une étape différente de votre formation. C’est une approche totalement immersive de ce type d’expérience.     Comment avez-vous collaboré avec les concepteurs d’Avengers Campus pour concevoir des lieux propres à accueillir tout aussi bien les aventures des Super-Héros Marvel que le public ? Dan : Avengers Campus est le fruit d’une collaboration étroite avec les designers et architectes du projet à Walt Disney Imagineering. Nous sommes des Imagineers du spectacle, et nous avons travaillé pendant plus de quatre ans avec nos collègues concepteurs d’attractions et d’environnements thémés pour intégrer tous les éléments propres à accueillir les Super-Héros et le public. J’ai aussi travaillé en parallèle avec les équipes Spectacles de Disneyland Paris sur ce projet. Tout cela a été très organique et chaque détail a été envisagé en partenariat avec l’ensemble des différentes structures impliquées. Cette philosophie est dans les gènes d’Avengers Campus. Comme son nom l’indique, c’est l’une des bases des Avengers et en même temps, c’est un Campus. Par conséquent, la porte est grande ouverte pour accueillir le public, adultes comme enfants. En 2012 dans le temps du MCU, vous n’auriez jamais passé la sécurité de la Tour Stark. Mais ici, nous sommes dans un temps différent, dans lequel nous sommes tous responsables les uns pour les autres. C’est pourquoi nous vous accueillons avec plaisir car ici, nous avons tous un rôle à jouer. C’est par là que nous avons démarré pour concevoir Avengers Campus. En venant ici, on s’attend tout naturellement à tomber sur des Super-Héros car c’est pour eux un lieu de travail, d’entraînement, et même un lieu de combat contre leurs ennemis. À partir de là, nous avons commencé à envisager des expériences et des événements avec eux, d’une manière qui soit organique, parfaitement intégrée à l’histoire du Campus, où tout le monde, visiteur comme Super Héros, est connecté. Par exemple, le Hero Training Center est un lieu intérieur, très high tech, conçu au départ pour l’entraînement des Avengers. Mais dans la mesure où il accueille en même temps les recrues de Disneyland Paris, cela devient comme un forum, un lieu très vivant et dynamique. Quant aux autres bâtiments comme celui de Spider-Man W.E.B. Adventure, il s’agit d’anciennes usines reconverties en Campus. Par conséquent, leurs toits sont souvent utilisés comme un lieu de transit et de transport d’objets de valeur, technologiques ou artefacts. Cela semblait un lieu naturel pour l’action. Partant de là, nous avons pu construire ce dont nous avions besoin pour mener à bien ces activations, toujours dans l’histoire du campus, comme autant scènes cachées, totalement intégrées dans l’architecture.     Une gestion opérationnelle unique Avengers Campus est un lieu vivant, en perpétuel mouvement. Partant de là, comment avez-vous envisagé les déplacements des visiteurs ? Dan : Pour anticiper ces mouvements, nous savons pouvoir compter sur nos partenaires opérationnels qui s’intéressent de près à la manière dont les déplacements des visiteurs affectent l’expérience. Le plan du Campus permet justement de rester à un endroit, de regarder les toits ou d’aller à un restaurant d’une manière totalement intégrée dans l’histoire. Tout cela est très nouveau, il n’y a pas de précédent. Nous expérimentons et nous adaptons sans cesse, que ce soit en Californie ou à Paris. Lors de La Saison des Super-Héros, on pouvait avoir jusqu’à 500 personnes sur la Place des Stars pour danser avec Star Lord et Gamora. Mais à Avengers Campus, il y a tant de Super Héros en action, sur les toits, autour du Quinjet ou dans les attractions, que le Campus est en perpétuel mouvement. Ce sera un lieu grouillant d’activité, et les visiteurs passeront de l’une à l’autre de manière fluide et naturelle.   Comment avez-vous géré la fréquence des activations ? Dan : C’est un défi sur lequel nous avons travaillé intensément. Le rythme n’est pas le même que l’on soit le matin, le soir ou le milieu de journée au moment du repas de midi. La durée du jour, en fonction des saisons, aura également un impact particulier sur le rythme des activités du Campus. En Californie, nous continuons à nous améliorer dans ce domaine, et ici à Paris, nous nous tenons en permanence à l’écoute des besoins spécifiques de nos visiteurs.     C’est un immense travail de préparation que vous avez fait. Dan : Cela a demandé des années de planification. La version de Californie nous a beaucoup aidés à visualiser les choses, mais elle a dû être totalement repensée et adaptée pour Disneyland Paris. Les équipes locales ont été impliquées depuis longtemps pour être prêts le jour J. C’est une équipe impressionnante de metteurs en scène, designers audio, lumière, effets spéciaux, de musiciens, designers media, d’ingénieurs, sans compter toute la production. Prenez Louisa et Mabrouk, nos deux Metteurs en Scène. Ils ont travaillé sur la Saison des Super-Héros en 2017. Cela faisait donc plus de cinq ans que nous discutions ensemble de ces questions à Disneyland Paris. Ce sont de véritables experts de Marvel pour nos parcs, ce qui en a fait des atouts extraordinaires pour Avengers Campus. Depuis des mois, chaque semaine, nous avons eu énormément de conversations pour coordonner tous les éléments que nous avons intégré dans ce land. Je connais bien Broadway pour avoir travaillé sur le musical du Roi Lion et on retrouve ici la même réunion d’expertises très spécifiques. La grande différence, c’est que les codes du spectacle sont ici totalement bouleversés car les choses surgissent de toutes parts, de manière inattendue.     D’où viennent tous les talents impliqués dans ce projet ? Dan : L’impulsion initiale vient Walt Disney Imagineering aux États-Unis, mais très vite, nous avons impliqué nos partenaires de Disneyland Paris dans les domaines que j’ai évoqués. Nous avons également des partenaires qui ont conçu et construit des éléments pour nous en Californie, Floride, Royaume Uni, Espagne et bien sûr en France. C’est vraiment un effort international.     Un défi hors norme pour les équipes Spectacle Cette toute nouvelle manière d’aborder les spectacles a été aussi un tout nouveau défi pour les Metteurs en Scène de Disneyland Paris. Mabrouk : Il est toujours très stimulant d’être confronté à de nouveaux défis, et dans le cas d’Avengers Campus, c’est vraiment passionnant de créer quelque chose qui implique nos visiteurs d’une manière aussi nouvelle. La particularité d’Avengers Campus, c’est que tout notre travail s’est construit autour de nos nouvelles recrues. Nous n’avons pas créé des spectacles, nous construisons des expériences complètes et immersives. Ce qui est génial, c’est de faire nos sessions avec Louisa et Dan et d’imaginer dans nos esprits tout ce qui peut se passer en même temps autour de nous. C’est une expérience totale, à 360°. Nous voulons faire plaisir à tout le monde, à tous les âges, et faire en sorte que chacun ait son content et se retrouve dans le Campus. Car c’est bien un campus et non pas une zone. C’est une expérience Marvel totale.   À la différence du théâtre, le fameux « quatrième mur » imaginaire, qui sépare les spectateurs du spectacle, a totalement disparu. Dan : C’est notre but. Nous n’avons pas de scène, pas d’heure de spectacle. Tout arrive comme cela dans la rue, devant vous, derrière vous, et même au-dessus de vous, autour du Quinjet ou sur les toits.   À Disneyland Paris, le spectacle va toujours de pair avec l’émotion. Et Avengers Campus n’y fait pas exception. Louisa : C’est vrai. Nous n’oublions jamais que ce qui est au cœur de notre parc, et de Marvel, c’est la magie. Mabrouk : Le cœur de notre travail est là : construire des émotions pour nos visiteurs, de la joie, du fun, de l’étonnement, de l’émerveillement, de quoi vous donner la chair de poule. Dan : Ce qui résume bien cela, c’est une scène à laquelle j’ai assisté en Californie. Il y avait les Dora Milaje avec leur tenue si caractéristique qui véhicule l’image de femmes afro-américaines puissantes et déterminées, et à un moment, j’ai vu une petite fille dans un costume de Blanche-Neige se précipiter vers elles pour les embrasser. C’est vraiment la preuve de cette magie
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Avengers Campus - Spectacle & Live

a year ago

L’atelier décoration de Disneyland Paris est un service méconnu et pourtant essentiel. On y fabrique et répare l’ensemble des objets et accessoires utilisés lors des parades et spectacles de la destination, notamment lors du Festival Halloween Disney. Nous avons rencontré Richard Vallet, accessoiriste-réalisateur au sein de l’atelier, qui nous en dit plus sur son métier. Comment es-tu devenu Accessoiriste-Réalisateur à Disneyland Paris ?  J’ai commencé à 17 ans comme machiniste au Théâtre Clavel à Paris, puis je suis devenu assistant-régisseur sur plusieurs autres scènes parisiennes. Je faisais un peu de tout : changements de décor, lumières, son, etc. Je suis arrivé à Disneyland Paris en février 1992 en tant que machiniste, et très vite, je me suis mis à réparer les accessoires entre deux spectacles. Notre direction a compris l’importance d’un tel service, et c’est ainsi qu’est né l’Atelier Décoration de Disneyland Paris, en 1994. En quoi consiste ton métier ? Mon travail consiste à réaliser des objets de décoration et des accessoires qui sortent de l’imaginaire d’un Metteur en Scène ou inspirés d’un film, à destination des spectacles et des saisons de Disneyland Paris. Bien souvent, il s’agit d’accessoires un peu particuliers, un peu « toons », un peu magiques. Le défi, c’est que l’objet soit crédible, tout en restant facile d’utilisation, léger et durable. Mais il n’y a pas que la création ; il y a aussi le suivi de ces objets, leur entretien et leur réparation, qui nous occupent tout au long de l’année, de jour comme de nuit. Comment se compose l’équipe de l’Atelier Décoration ? Nous sommes près d’une vingtaine, auxquels s’ajoutent jusqu’à 10 intermittents qui nous rejoignent durant les périodes plus intenses comme Halloween. Au sein de l’équipe, nous avons des compétences très variées. Accessoiriste-réalisateur, c’est un intitulé générique, et nous avons des collègues spécialisés en couture, en tapisserie ou encore dans la fabrication et l’entretien de marionnettes. Beaucoup d’entre nous ont migré d’une spécialité à l’autre, et c’est ainsi que j’ai pu élargir ma palette de compétences. Moulage, sculpture, peinture, vernissage, modelage, c’est très vaste. C’est une chance de travailler à Disneyland Paris car c’est un lieu idéal pour apprendre de nouvelles techniques. Quels objets avez-vous réalisés pour le Festival Halloween Disney ? Il y en a beaucoup, mais je dirai notamment les accessoires des fantômes de Main Street, U.S.A. et les Pumpkin Men de Frontierland. Sans oublier les « Funkins », ces petites têtes de citrouilles toutes différentes, agrémentées d’accessoires divers comme des chapeaux, des monocles ou encore des plumes. Ce sont des éléments que nous avons fabriqués lors de saisons antérieures et que nous ressortons régulièrement pour le plus grand plaisir de nos visiteurs. Combien d’objets cela représente-t-il ? Énormément ! Il faut compter environ une centaine de Funkins, plus les Pumpkins, et les guirlandes, qui représentent des centaines de mètres linéaires. En tout, cela doit représenter plus de 300 éléments différents. Comment se passe la fabrication d’un objet de décoration ? Tout part des Scénographes du bureau d’étude de Disneyland Paris, qui traduisent sous forme graphique la vision des Metteurs en Scène. Leurs dessins sont absolument magnifiques et nous donnent les informations nécessaires pour réaliser les objets. Quand la fabrication est lancée, ils viennent fréquemment nous voir à l’atelier pour s’assurer que tout se déroule au mieux. Ces visites sont aussi des moments de création. Voir un objet se construire en taille réelle devant leurs yeux leur inspire parfois de petits changements dont ils nous font part en direct : quelques patines en plus, une couleur à nuancer ou autre. Quelles matières utilisez-vous ? Toutes sortes de matières. Des résines, très souvent, mais aussi du métal et du tissu. Depuis quelques temps, nos objets sont fréquemment réalisés en Plastazote, une mousse très pratique pour sa légèreté et sa solidité. On peut aussi utiliser du polystyrène ou de la mousse polyuréthanne. On taille des mousses de différentes densités, on les colle, on les met en volume et on les peint. Pour les objets en série, on peut faire des modèles avec de la terre ou de la Plastiline. Ensuite, pour le moulage, on utilise différentes résines polyuréthannes. Et pour les objets un peu plus gros, ce sera de la résine stratifiée, de la fibre de verre ou de la résine polyester, avec des silicones pour les prises d’empreinte, ou du plâtre. Depuis quelques temps, nous essayons d’utiliser de moins en moins de résines, en privilégiant des produits plus sains. Nous utilisons le latex également pour les objets mous. Le bois reste quant à lui une valeur sûre. Nous réalisons beaucoup de caisses en bois pour les Pumpkins et pour le Jack-in-the-Box de Frontierland. On l’utilise également pour certaines structures, à la place du métal, tant qu’il n’est pas en contact avec l’eau.  C’est un matériau très pratique. Travaillez-vous seul ou en équipe ? Pour un petit accessoire ou un objet porté, on travaille souvent seul, sauf s’il y a besoin d’une compétence particulière. Sur un plus gros projet, on travaille à plusieurs, notamment quand il y a des tissus, de la sculpture, ou de la soudure. Prenez les Pumpkins Men. Ils ont d’abord besoin de structures métalliques pour leur donner leur position humaine, que l’on habille ensuite avec des parties sculptées et des vêtements trempés dans la résine. Le bureau d’étude tenait à ce que ce soit de vrais vêtements et que l’on retrouve les teintes originales sous la résine. Or, ces vêtements sont très alourdis par la résine, ce qui rend la manipulation difficile. De plus, il a fallu trouver des techniques pour leur donner une impression de légèreté, de naturel, et faire en sorte que la résine durcisse dans la bonne position. On a donc besoin de 2 voire 3 accessoiristes pour enfiler ces vêtements et les maintenir en place le temps de la catalyse. Combien de temps peut durer la confection d’un objet ? Cela va de quelques jours à 2 à 3 semaines pour un petit objet, et jusqu’à 1 ou deux mois pour un gros projet. Quelles sont les qualités essentielles d’un bon accessoire ? On travaille beaucoup sur la légèreté. Les techniques que nous utilisons sont très similaires à celles qu’on utilise au théâtre, à la différence que nous devons veiller tout particulièrement à la pérennité, la solidité et la légèreté de nos objets, car les modalités d’utilisation à Disneyland Paris sont très différentes. Ici, les accessoires peuvent être utilisés jusqu’à 5 à 6 fois par jour. Pour vous citer un exemple, jusqu’à l’année dernière, les petites fourches des neveux de Donald étaient réalisées en résine. Cette année, nous avons changé de matière et réussi à diviser le poids par dix, sans toucher à la solidité. Cela signifie encore plus de confort pour nos Personnages et donc encore plus de plaisir à les utiliser ! Comment les éléments de décoration s’intègrent-ils dans un décor ? Au niveau du Théâtre du Château, il y a des citrouilles de couleurs un peu différentes, avec du vert, du violet du rose, ainsi que des ronces turquoise qui sortent du granit. Nous avons adapté le décor de l’année dernière en travaillant notamment sur les couleurs afin de donner l’impression d’être sous l’eau. Y a-t-il un objet pour lequel vous avez un attachement particulier ? J’aime beaucoup le chien Zéro de L’Étrange Noël de Mr Jack, que j’avais réalisé pour un précédent Halloween. Il avait posé quelques difficultés, car il était simplement composé d’un drap. Il fallait qu’il soit le plus fin possible, en donnant une impression de légèreté, parfois même de transparence, mais en même temps très solide. Il a fallu glisser beaucoup de structures métalliques à l’intérieur et réaliser un travail de sculpture très délicat pour son petit nez en forme de citrouille et ses oreilles très fines, que j’ai réalisées en aluminium. Il n’est pas présent sur le Parc Disneyland cette année, mais ce fut un projet particulièrement intéressant pour moi. Dans quelle mesure les films Disney vous inspirent-ils ?  Suivant les projets, en plus des nombreux dessins du bureau d’étude, je me réfère souvent aux dessins- animés pour voir les personnages ou les objets sous plusieurs angles. Il est parfois difficile d’appréhender certains volumes, et les voir animés, en situation, peut s’avérer très utile.   Une autre partie de votre métier consiste à assurer le suivi et la réparation des éléments de décoration. Beaucoup d’éléments sont là depuis plusieurs années et il n’est pas rare que certains soient abîmés suite à une utilisation un peu intense. Il arrive donc qu’il faille remplacer des objets existants, fabriquer des citrouilles à l’identique, refaire une patine, réparer une rayure ou autre. L’une de nos dernières grosses réparations fut un élément qu’on appelle le Zébulon, une sorte de Jack-in-the-box avec une grosse tête de citrouille situé à Frontierland. L’humidité met aussi les métaux à rude épreuve. Nous avons beaucoup de socles en métal, notamment sous les Pumpkins, et on les protège avec des antirouilles. Mais avec l’usure, ces traitements sont vite attaqués. Il faut alors poncer pour enlever la rouille puis repeindre par-dessus. Durant le Festival Halloween Disney, il n’est pas rare de devoir intervenir sur site, car on ne peut pas traverser une saison de plus d’un mois sans petits soucis. Ces réparations s’effectuent de nuit, ce qui demande une grande flexibilité au point de vue horaire. On commence à faire tout le tour de nos décors et des Points Selfies ; on fait ensuite un bilan et on gère les urgences. On s’occupe d’abord des plus grosses réparations, pour être sûr que tout soit terminé avant l’ouverture du Parc. Puis vient le tour des réparations plus légères, comme remettre des feuilles ou des fleurs. Comment se passe l’installation des décors que vous avez réalisés ? Généralement, elle se déroule sur trois grosses semaines, de nuit. Nous sommes 4 ou 5, plus un Team Leader, et nous accompagnons les équipes qui installent les différents éléments, comme les machinistes, nacellistes et cordistes qui mettent en place les Funkins dans Main Street au moyen de nacelles. On réalise aussi des retouches de dernière minute en cas de casse ou de rayure lors des transports et des montages. Nous travaillons également avec le département Identité Visuelle, qui est en charge des décorations des vitrines, et avec le département Spectacles pour les lumières, notamment dans la partie mexicaine de Frontierland, dédiée à Coco, où il y a beaucoup de lanternes. Cette année, le Festival Halloween Disney sera particulièrement riche en décors. En effet, nous n’avons pas lésiné sur les décorations. Il y aura beaucoup plus d’éléments cette année ; ce sera encore plus immersif ! Richard, merci d’avoir partagé avec nous ton métier, qui est aussi une passion. Nous mettons tout notre cœur dans nos réalisations. Chaque détail compte, même le plus minuscule. On retravaillera un objet tant qu’il ne sera pas parfait. Ce que l’on recherche avant tout, c’est que nos visiteurs soient émerveillés, qu’ils soient heureux. C’est notre moteur et notre récompense. Source interview : Insidears
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Richard V. : Accessoiriste-réalisateur

2 years ago

Martina Sardelli est la vice-présidente Opération des parcs, Disney Village et Evènements. Voici l'interview qu'elle a accordée à Insidears. Présente-toi en quelques mots. Je suis originaire d'Italie. J'ai intégré l'entreprise en 1995 en devenant d'abord vendeuse pour la boutique Constellation. J'ai progressivement gravi les échelons et, depuis septembre 2021, je suis Vice-Présidente Opération des parcs, Disney Village et Evènements. Je suis donc responsable de l'exploitation des deux parcs, ainsi que des évènements.  Que dirais-tu de ton évolution au sein de l'entreprise ? Jamais je n'aurais imaginé que je deviendrais Vice-Présidente. L'entreprise m'a offert la possibilité d'évoluer personnellement et professionnellement au sein d'équipes multiculturelles et d'enrichir mes compétences pour en arriver là où je suis aujourd'hui. Ma différence culturelle (je suis originaire d'Italie) a toujours été une force et, en tant que femme, je n'ai jamais ressenti d'obstacle à mon évolution : j'ai toujours été traitée sur un pied d'égalité avec mes collègues masculins.  Etre Cast Member à Disneyland Paris, ça représente quoi pour toi ? Mon parcours reflète toutes les opportunités extraordinaires qui nous sont données en tant que Cast Members. Disneyland Paris est une entreprise dans laquelle on peut évoluer et où la diversité est une force. Et en tant que leader? Aujourd'hui, j'ai sous ma responsabilité plus de 5000 Casts Members, et leur bien-être est ma priorité : je souhaite qu'ils se lèvent le matin avec l'envie de venir travailler, qu'ils se sentent bien et qu'ils puissent continuer d'apprendre et d'évoluer tout au long de leur carrière, comme cela a été le cas pour moi.  Une anecdote particulière à nous partager ? Pour moi, l'aventure a commencé en 1995 par une petite annonce trouvée dans un magazine. Je voulais surtout me perfectionner en français. Mon premier jour à Disneyland Paris reste un grand souvenir, nous avons été accueillis par Mickey. Je me suis dit que j'étais propulsée dans une autre dimension !
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Martina Sardelli

2 years ago

Jean-Paul est l’artiste à qui l’on doit les magnifiques projections de Disney D-Light sur Le Château de la Belle au Bois Dormant. Il nous révèle tous les secrets de fabrication de cette féérie lumineuse. Peux-tu nous présenter ton parcours à Disneyland Paris ? J’ai commencé fin 2002 en tant que technicien de scène à Disney Village pendant deux ans. C’est alors que j’ai appris qu’il y avait là un studio de tournage et de montage et, dans la mesure où j’ai une formation de monteur, je suis allé me présenter et j’ai été intégré dans l’équipe. En 2005, Disneyland Paris Business Solutions m’a proposé de devenir technicien audiovisuel. J’ai occupé ce poste pendant cinq ans, et en 2010, j’ai intégré le bureau d’étude de Business Solutions comme monteur et motion designer. C’est ainsi que j’ai rejoint l’équipe qui réalise les mappings des différents événements de Disneyland Paris (sauf Disney Illumination, Star Wars™ : La Célébration Galactique et la saison de Noël). Nous travaillons essentiellement sur Le Château de la Belle au Bois Dormant et The Twilight Zone Tower of Terror™, mais également sur Le Galion des Pirates depuis le dernier Halloween, ou encore Skull Rock et Phantom Manor.   Quels sont tes meilleurs souvenirs ? La réalisation de la vidéo du Property Management Team des Hôtels Disney du 20e anniversaire de notre destination en 2012. Il s’agissait de retracer toute l’histoire de Disneyland Paris, et j’ai choisi avec mon collègue Pascal Gérard de le faire à la manière de Retour vers le Futur, en reconstituant en vidéo le cockpit de la mythique DeLorean pour voyager à travers le temps ! Le deuxième souvenir qui me vient à l’esprit est la soirée Electroland de 2018 pour laquelle j’ai réalisé l’un des moments clefs de la soirée. J’avais carte blanche et je me suis amusé à concevoir un programme rétro futuriste, dans l’esprit des années 1980, une époque que j’aime particulièrement.   Hollywood Tower Hotel lors de la soirée électroland 2018 Comment présenterais-tu Disney D-Light ? Il s’agit d’une toute nouvelle séquence imaginée pour le 30e anniversaire de Disneyland Paris et qui sera présentée juste avant Disney Illuminations. Dans Disney D-Light, la star, c’est Le Château de la Belle au Bois Dormant, véritable icône de notre destination. Nous avons voulu le mettre littéralement « en lumière » en réalisant différents habillages lumineux qui vont évoluer jusqu’au grand final avec les drones dans le ciel. On utilise aussi un certain nombre d’effets, comme les lasers et les jets d’eau, qui apportent un surcroît d’intensité. Il y a également des ajouts de lumière sous forme de rubans de néons disposés dans les jardins et d’éclairages au niveau des arbres.   Comment as-tu composé cette séquence ? J’ai commencé à y travailler en novembre dernier avec Juan Fuentes, le Metteur en Scène du spectacle. Tout est parti d’une série de mots qu’il m’a confiés tels que « couleur », « transparence » ou « iridescence », et à partir de là j’ai élaboré un scénario que j’ai construit pas à pas avec lui. J’ai développé une approche délibérément abstraite, qui contraste avec Disney Illuminations, mais en même temps, il y a une progression. L’idée est de faire évoluer cet habillage de lumière tout au long de la séquence jusqu’au au grand final avec le ballet de drones.   La musique a une grande importance dans ce spectacle. Elle a déterminé l’essence de chaque tableau. Un peu comme pour Fantasia, je suis parti de la bande-son du spectacle pour créer les images. C’est une magnifique version de la chanson du 30e anniversaire « Un monde qui s’illumine » arrangée pour orchestre symphonique. Elle a été enregistrée par une soixantaine de musiciens dans les mythiques studios d’Abbey Road à Londres. C’est dire à quel point elle est puissante ! Au début, elle est très douce, et cela m’a inspiré un ciel étoilé. Ensuite, on a des petites notes de piano qui surgissent et j’ai ajouté comme des spots de lumière qui viennent éclairer le Château. On le découvre alors en transparence, comme s’il était en verre. Et à mesure que la musique devient plus forte, les lumières deviennent plus fortes elles-aussi, et l’animation est plus dynamique. C’est vraiment la musique qui a orchestré les couleurs et l’énergie du spectacle.   Ce qui frappe également quand on assiste à Disney D-Light, c’est la force des émotions. Pour cela, nous avons beaucoup travaillé sur les transitions entre chaque tableau, en nous basant sur les changements dans la musique. L’apparition soudaine de certains tableaux donnera, je l’espère, des frissons à nos spectateurs. Et le moment le plus fort, bien sûr, c’est le dernier tableau. Ce sera un chemin de lumière qui partira du fond du Central Plaza pour finir dans le ciel. Ce sera spectaculaire ! Du jamais vu dans un parc Disney !   Quelles ont été tes sources d’inspiration sur le plan visuel ? Pour le premier tableau, je me suis amusé à recréer le château que l’on voit au début du film Tron L’Héritage. Je me suis également inspiré du travail du studio Moment Factory, basé à Montréal, et notamment des effets façon « Pixie Dust » qu’ils ont utilisés sur la cathédrale de Reims, qui sont vraiment magiques. Je me suis enfin inspiré des couleurs et des décorations en forme de rubans du Château de Cendrillon au Magic Kingdom en Floride pour le 50e anniversaire de Walt Disney World Resort pour créer le tableau du 30e anniversaire, dans lequel les rubans rappellent les mobiles des Jardins Féériques. Je tenais vraiment à faire résonnance avec les autres créations du 30e anniversaire. C’est vraiment mon moment préféré. Quels sont tes outils de travail ? Tout se passe sur ordinateur. Je travaille avec des logiciels comme After Effects, Cinema 4D ou encore Elements 3D.   Le Château de la Belle au Bois Dormant n’est pas un support comme les autres. Comment l’as-tu approché ? Le Château est un support magnifique, mais très complexe à travailler. Quand on conçoit des projections sur sa façade, il vaut mieux se concentrer sur une vision d’ensemble car si on cherche à mettre trop de choses, cela peut vite devenir illisible. Ce qui n’empêche pas de rajouter ici et là des détails et même des surprises… mais je n’en dis pas plus. Ce sera à vous de les découvrir ! Avec Disney D-Light, on verra le Château comme on ne l’a jamais vu, avec beaucoup de textures originales : de la transparence, des reflets de lumière, ou encore un côté iridescent.   Comment le ballet des drones s’intègre-t-il dans ce programme ? À ce moment, le Château sera au noir pour mieux les mettre en valeur. Ils partiront du sol pour monter jusqu’au ciel et faire leur ballet. Ce sera magique ! Ils apparaîtront également juste après Disney Illuminations, dans un after-show dont le mapping est en quelque sorte un condensé de l’ensemble des tableaux de Disney D-Light.   Qu’as-tu ressenti en découvrant Disney D-Light pour la première fois ? C’était au cours des tests que nous avons réalisés à partir de début janvier. C’est toujours un moment stressant, d’autant plus que notre direction était présente pour le tout premier. Au final, tout s’est très bien passé et tout le monde a été conquis. L’émotion était palpable dès le départ. J’ai fait quelques retouches par la suite, ajouté de petits effets supplémentaires, et maintenant la version finale est fin prête à être dévoilée au public ! Je suis très impatient de la faire découvrir à nos visiteurs. Ce sera à n’en pas douter le point d’orgue de leur journée sur le parc ! Source : Insidears
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D-Light : Jean-Paul Faure

2 years ago

Les maquillages sont une composante essentielle de la féérie des spectacles et parades de Disneyland Paris. Le Concepteur Maquillage Nicolas Cueff nous en dit plus sur son métier, ainsi que sur son travail dans le cadre du Festival Halloween Disney. Comment es-tu devenu Concepteur Maquillage à Disneyland Paris ? J’ai toujours rêvé de travailler dans le monde du spectacle. Après une double formation de coiffeur et de maquilleur, je me suis donc spécialisé dans la coiffure « studio ». A la fin de mes études, une de mes professeures, qui travaillait de temps en temps à Disneyland Paris, m’a suggéré de postuler, et trois semaines plus tard, je décrochais mon premier contrat ! C’était en 2004, et déjà pour Halloween ! Ce fut très impressionnant car pour nous, maquilleurs, c’est une saison particulièrement intense. Il y avait énormément d’artistes à coiffer et à maquiller. De plus, certains maquillages demandaient des prothèses et d’autres techniques très spécifiques. Heureusement, j’ai pu bénéficier de la bienveillance et des conseils de toute l’équipe. J’ai beaucoup appris pendant cette période.  J’ai passé plus de 10 ans au département Cosmétologie, durant lesquels j’ai coiffé et maquillé sur la plupart des spectacles et parades des Parcs. Puis, il y a trois ans, notre direction s’est dit qu’il serait intéressant de créer une cellule composée de designers spécialisés dans le maquillage et la coiffure, tout comme les costumes ou les décors, et c’est ainsi qu’est né le département Cosmétologie créative, où je travaille en tant que Concepteur Maquillage Coiffure Perruque. Nous avons ouvert ce département à deux, et maintenant nous sommes trois. Mon premier projet à ce poste fut Le Festival Pirates et Princesses, puis nous avons continué avec notamment Le Festival du Roi Lion et de la Jungle, qui est particulièrement riche en maquillages. En quoi consiste ton travail ? Tout commence par le design d’un maquillage. Une fois qu’il a été validé, nous réalisons une fiche technique détaillée, indiquant les différents produits à utiliser pour chaque rôle et les endroits du visage où les appliquer, afin de servir de support aux maquilleuses et maquilleurs sur le terrain. Nous organisons des formations à leur intention afin qu’ils puissent s’entraîner et pleinement maîtriser chaque modèle. Cela nous aide également à déterminer les temps de maquillages qui seront nécessaires. Certains artistes peuvent se maquiller eux-mêmes. Il faut les former eux-aussi. Et une fois le spectacle lancé, nous accompagnons le travail des maquilleurs. Car le maquillage n’est pas une science exacte. On peut demander à deux personnes de faire la même chose sans jamais avoir le même résultat. Il faut donc nous assurer que le design original est bien respecté, et ce tout au long de la production. Enfin, un autre aspect de notre travail à mes collègues et moi-même consiste à évaluer et à passer les commandes de tous les produits de maquillage et perruques nécessaires pour les saisons et les spectacles. Comment se passe la création d’un maquillage ? Au départ, j’utilise toujours un papier et des crayons. J’ai toujours mes couleurs avec moi et j’ai souvent besoin de poser à plat les premières idées, que ce soit dans le choix des teintes ou leur disposition sur le visage. Puis très rapidement je m’entraîne sur visage humain car le travail sur les formes et les volumes m’inspire également beaucoup. Enfin, pour les fiches techniques, je travaille avec des infographistes afin de proposer des modèles les plus précis possible. Parmi mes sources d’inspiration, il y a très souvent les dessins-animés de Disney. Il y a aussi le Metteur en Scène, qui va m’expliquer ce qu’il souhaite : les couleurs qu’il a en tête, les matières qui seront utilisées pour les décors, etc. Tout cela me donne un aperçu de l’atmosphère qu’il y aura sur le spectacle. Et ensuite, je rencontre les designers costumes, pour préciser la manière dont le maquillage va s’intégrer dans l’ensemble de la tenue de l’artiste. Quel est l’esprit du Festival Halloween Disney ? Il y a plusieurs thèmes. D’un côté, l’automne, avec des tons marron, orangés, ou encore des teintes citrouille, et de l’autre la frayeur, marquée par des couleurs sombres. Ursula et ses murènes feront également quelques apparitions surprises, qui nous plongeront dans l’océan. C’est une palette très large. Quelles sont les créations les plus emblématiques du Festival ? Cette saison sera riche en surprises qui ne seront pas les mêmes d’une journée sur l’autre. Il faudra être prêt à tout, et garder les yeux grands ouverts ! Vous n’êtes pas à l’abri de tomber sur un char ou une animation étonnante, qui peuvent surgir à tout moment. Pour moi, l'une des créations emblématiques que j'ai imaginé il y a quelques années est le personnage que nous appelons « la Fille-Corbeau ». C’est un rôle très mystérieux, d’autant qu’elle est cachée dans un arbre. Elle est habillée dans des couleurs froides, notamment son chapeau en dentelle, ce qui fait que nous sommes partis sur du noir et du vert-kaki. Dans la mesure où son chapeau occupe le haut de son visage, le Metteur en scène m’a demandé de concevoir un maquillage original pour le bas. En m’inspirant à la fois du char et du costume, j’ai imaginé comme des racines qui monteraient sur le menton et la mâchoire. Ce mélange d’animal et de végétal fait penser à un autre spectacle auquel vous avez participé, La Forêt de l’Enchantement : Une Aventure Musicale Disney. En quoi cette expérience a nourri votre travail sur le Festival Halloween Disney ? La Forêt de l’Enchantement fut un projet particulièrement créatif qui m’a permis de développer de nombreuses techniques dont je me sers encore souvent aujourd’hui. C’était la première fois que j’avais autant de maquillages à créer, et sur autant de thèmes différents parmi lesquels la faune et la flore. Cette expérience m’a beaucoup aidé pour concevoir le maquillage de la Fille-Corbeau, dans la mesure où on retrouve ces deux éléments dans ce personnage dont le corps est un arbre, et la tête un corbeau posé sur cet arbre. D’où l’idée de faire en sorte que le bas du visage évoque des racines, tandis que le haut, avec le bec et le chapeau, représente l’animal. Tu citais les acolytes d’Ursula, qui l’accompagneront lors de ses apparitions surprises. Comment as-tu imaginé leur maquillage ? Nous sommes partis de la couleur des costumes, qui évoquent l’océan, et nous avons imaginé un maquillage avec différents tons de bleu, et un jeu sur les ombres et les lumières. Nous avons également repris un peu du vert des murènes. Les Metteurs en Scène ont souvent des idées très précises sur l’histoire de chaque personnage. Pour les danseurs qui accompagnent les deux murènes, le mot d’ordre était d’oublier l’humain. Cela nous a donné envie de casser les lignes et de créer un maquillage qui déforme le visage, avec des yeux asymétriques. On a vraiment l’impression de créatures d’un autre monde. Pour nous, c’est formidable d’avoir autant de liberté ! Pour toi, qu’est-ce qu’un maquillage « Disney » ? C’est vraiment un maquillage de scène. Il faut que tout soit « plus » ! On va être plus coloré, ou encore plus intense parce qu’il faut qu’il se voie de loin et qu’il reflète la personnalité du personnage. Le maquillage doit faire partie intégrante du spectacle et participer à l’émerveillement des spectateurs. C’est le contraire d’une émission télé ou de certains films pour lesquels il faut faire en sorte que le maquillage ne se voie pas. À Disneyland Paris, nous utilisons le maquillage comme un art à part entière, et nous le revendiquons en tant que tel ! Le Festival Halloween Disney est aussi un moment où nos visiteurs peuvent eux-aussi venir maquillés. Quelles sont les tendances de cette année ? Dans la mesure où il faut porter un masque, je conseillerai de tout miser sur le regard ! Pour Halloween, avoir un regard souligné, c’est toujours très joli. Et l’eyeliner noir et le fumé noir sont toujours du plus bel effet ! Quels conseils donnerais-tu à celles et ceux qui rêvent de se lancer comme toi dans le maquillage professionnel ? C’est un métier très technique qui s’apprend en école, mais aussi beaucoup sur le terrain. Il faut être très patient car cela prend du temps. Chaque visage est différent, et une technique qui fonctionne bien sur une personne ne fonctionnera pas forcément sur une autre. De plus, la mode change tout le temps. Il faut donc s’adapter en permanence. Mais aussi, il faut aimer les gens. On ne peut pas « juste » maquiller. Quand on maquille ou on coiffe quelqu’un, il y a toujours un lien qui se crée. Il faut savoir écouter et être de bon conseil tout en restant discret. Les maquilleurs qui ont fait les plus grandes carrières sont évidemment de très bons techniciens, mais ce sont aussi des gens qui ont su développer un grand sens des relations humaines. C’est aussi ce qui fait que j’adore mon métier ! Source interview : Insidears
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Nicolas C.: concepteur maquillage

2 years ago

Accessoiristes-réalisateurs, chaudronniers, ébénistes, menuisiers, tapissiers, peintres en lettres et bien d’autres : au total, ce sont plus de 250 Cast Members qui contribuent à la préservation du patrimoine de Disneyland Paris en mettant leur savoir-faire au service de la destination. Derrière les décors de Disneyland Paris se cachent des métiers issus de l’artisanat, bien souvent méconnus mais indispensables pour garantir le sens du détail qui caractérise la destination. Les Cast Members des Ateliers Centraux interviennent sur les parcs, les hôtels et Disney Village afin de faire voyager nos visiteurs dans différents univers. Lumière sur ces métiers d’art, gardiens de la magie de Disneyland Paris. Parmi les 250 talents qui évoluent aux Ateliers Centraux, une équipe d’une dizaine de Cast Members est spécifiquement chargée d’entretenir et de rénover les nombreux décors de Disneyland Paris. Ils sillonnent régulièrement les parcs pour faire un état des lieux des objets et accessoires qui nécessitent d’être rénovés. Ceux-ci sont ensuite déposés, restaurés en atelier selon des techniques traditionnelles, avant de retrouver leur emplacement d’origine. Pour cela, ces équipes travaillent en collaboration étroite avec les équipes de Walt Disney Imagineering qui leur fournissent un cahier des charges très précis à respecter. Ils définissent ensuite le procédé le plus adapté à la rénovation des accessoires. Certains objets ayant été chinés chez des antiquaires il y a près de trente ans, les Cast Members doivent parfois réaliser un minutieux travail de recherche afin de rénover le plus fidèlement possible les accessoires. Mais il ne s’agit pas toujours de redonner un « coup de jeune » aux objets : les accessoiristes-réalisateurs peuvent également travailler à partir d’objets achetés neufs, et le défi réside alors dans le fait de leur donner un aspect vieilli par le temps. Chaque année, pas moins de 500 accessoires sont ainsi remis en état. Les peintres en lettres s’occupent de la restauration des enseignes des boutiques, des restaurants, et même des inscriptions que l’on retrouve sur les wagons des trains à vapeur de Disneyland Railroad. Au moyen de techniques traditionnelles, ils interviennent selon les supports avec de la peinture à l’huile, de la feuille d’or ou de la feuille d’argent. Pour faire face aux intempéries et assurer une tenue dans le temps, ils utilisent parfois de la feuille de cuivre, peinte ensuite en dorée, comme c’est le cas par exemple pour les chevaux du Carrousel de Lancelot.  Une équipe d’une douzaine de chaudronniers intervient également sur les parcs, les hôtels, le Disney Village, ainsi qu’en coulisses. Ils sont notamment en charge de refaire les tronçons des rails des attractions, et peuvent aussi intervenir sur les véhicules qui circulent dans les parcs.  Récemment, ils ont ainsi refait plusieurs tronçons de l’attraction emblématique Big Thunder Mountain. La fermeture temporaire de la destination leur a permis de réaliser ces travaux de grande envergure en journée, sans avoir besoin de fermer l’attraction ou d’attendre la nuit. Ces Cast Members sont généralement recrutés avec, pour la plupart, une formation initiale d’accessoiriste-réalisateur, qui leur permet de maîtriser les différentes techniques de réalisation, comme le modelage, la réalisation de patines ou le moulage, et leur apporte la connaissance des différents matériaux utilisés (résines, peintures, plâtres, etc.). La transmission du savoir étant une valeur importante à Disneyland Paris, ils sont également formés en interne à d’autres métiers d’art afin d’élargir leur champ de compétences et de favoriser la polyvalence, comme la menuiserie, l’ébénisterie, la tapisserie, la verrerie, le cordage, ou même le matelotage (réalisation de nœuds marins en corde, visibles notamment sur les quelques vingt kilomètres de palissades et garde-corps en bambou d’Adventureland). Les chaudronniers sont quant à eux formés en interne à la soudure et à la ferronnerie. « Tous les objets et accessoires sur lesquels nous travaillons ont une vie qui leur est propre, certains étant présents sur les parcs depuis bientôt trente ans. Tous racontent une histoire » nous confie Eric, accessoiriste-réalisateur, mais également maître-verrier, et qui à ce titre est également chargé de la restauration de tous les vitraux des luminaires. « Il est important que nous respections cette histoire en travaillant de façon artisanale, pour obtenir un rendu le plus proche et le plus fidèle à l’objet d’origine, tout en prenant en compte l’évolution des normes de sécurité des techniques que nous utilisons ». Source : Insidears
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Métier d'art

3 years ago

Allison a débuté son parcours à Disneyland® Paris en alternance, parallèlement à son MBA International Marketing & Communication Strategy. Six ans plus tard, elle évolue sur des projets tous plus créatifs les uns que les autres… même durant la fermeture. On vous fait un dessin ? Présente-nous ton équipe et ses missions. Dans mon service il y a deux entités : l’une dédiée à la gestion de projets, dont je fais partie, et l’autre à la création. Nous développons la plupart des supports « below the line » de l’entreprise – c’est-à-dire les supports de communication hors médias publicitaires*. Nous réalisons, par exemple, les visuels clés et logos des saisons, attractions, évènements ou anniversaires, ainsi que des shootings photos et vidéos pour mettre en avant les nouveautés, ou encore des communications sur site. Nous collaborons avec beaucoup de départements différents, sur des projets tout aussi variés ! Mon équipe est également garante du respect de l’image de notre marque : nous nous assurons que toutes les communications développées en interne ou en externe respectent la charte de Disneyland® Paris et celle des franchises : MARVEL, Star WarsTM, Pixar, etc.   Sur quels projets travailles-tu en cette période de fermeture temporaire ? Nous travaillons sur des supports pour Le Disney’s Hotel New York® – The Art of Marvel, Disney Junior Dreams Factory, Cars ROAD TRIP, Avengers Campus, et sur la mise à jour des chartes graphiques de nos Hôtels Disney®.   C’est quoi une journée type pour toi ? Beaucoup d’appels et de courriels ! Le matin, quand l’agenda le permet, j’échange avec chaque graphiste avec lesquels je travaille pour nous aligner sur les priorités de la journée. Ensuite, j’enchaîne les rendez-vous sur les sujets à venir, la préparation des briefs créatifs et le suivi des projets en cours… le tout en télétravail.   Ton conseil à quelqu’un qui débuterait le télétravail ? Gardez un rythme régulier ! Il peut être tentant de travailler en jogging depuis son lit ou de finir plus tard le soir. Je vous conseille d’instaurer une routine matinale pour bien attaquer la journée et de ne pas sauter la pause déjeuner, l’idéal étant d’éteindre l’ordinateur et de sortir marcher quinze minutes. En parlant d’ordinateur : mettez votre caméra lors de vos réunions ! Ça fait du bien de voir ses collègues. Dans mon équipe, nous organisons même une fois par semaine « un petit-déjeuner virtuel » tous ensemble pour nous changer les idées et maintenir le lien.   Peux-tu nous décrire ton meilleur souvenir sur un projet ? Le 25e Anniversaire ! Nous avons travaillé pendant des mois sur cette célébration, de la création de l’identité jusqu’à la réalisation des supports de communication sur site et à travers l’Europe. J’ai eu la chance de participer à l’inauguration : discours de la direction, spectacles, et même concert de John Legend devant le Château de la Belle au Bois Dormant à la nuit tombée avant Disney Illuminations… j’étais aux premières loges, à quelques mètres de la scène ! * Télévision, presse, affichage, Internet, radio, cinéma.
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Cast Member

3 years ago